Interview DouDou-Dy
Originaire de la République du Congo, DOUDOU-DY est un chanteur de raggamuffin et reste sans jeu de mot l’un des gros calibres de la scène HIP-HOP au Congo Brazzaville. Interview présentation.
Parles-nous un peu de doudou-dy l’artiste ?
DouDou-Dy : A priori, je dirai que Doudou-Dy est d'abord un artiste en pleine construction de sa carrière musicale. Je pense qu'un vrai artiste c'est celui-là même qui n'arrête pas de chercher et j'ai surtout appris que le succès se prépare. C'est pour moi une abnégation de faire un Album solo pour autant que je fasse une rupture avec mon ancienne folie de travail qui était celle de l'effort au service du collectif. Aujourd'hui, je me mets au service de moi-même pour satisfaire rien que mon public qui reste ma seule raison d'être actuelle.
Qui sont tes modèles, les gens qui t’ont inspiré ?
DouDou-Dy : Mon père qui lui n'a du goût que pour la poésie, avait acheté un magnétophone qui à cette époque me permettait d'écouter la rumba congolaise n'ayant bien sûr rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui. J'avais à peu près 5, voire 6 ans et j'aimais bien écouter et réécouter certains disques. Aujourd’hui j'écoute une gamme musicale très variée. J'avoue avoir été influencé tour à tour par les Kassav, Shabba ranks, Dr Alban surtout, Chakka Demus et Bob Marley. Pour dire vrai, mes modèles sont Shaggy et Sean Paul le roi du ragga.
Peux-tu nous parler de ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?
DouDou-Dy : J'ai officiellement fait mes premières armes en 1995 au sein de Légitime Brigade comme Co-fondateur et Leader du groupe. Après avoir pratiqué le rap et le chant, j'ai décidé de faire du ragga qui est mon domaine de prédilection. En 1999, j'ai créé le groupe Best Alliance qui m'a permis de visiter le Gabon. De retour au Congo en 2000, je rejoins sinon je ressuscite Légitime Brigade qui fait aussitôt la Bande sonore du film "Bozoba Absurdités sorti en janvier 2003. Fin 2002, victime d'un complot, je claque sèchement la porte pour entamer une nouvelle aventure. Je crée donc le Clan Hip-hop "Nova Nostra" en 2004 et je décide par la suite de mener parallèlement une carrière solo qui s'officialise en 2006 et dans la même année, l'occasion se présente à moi de faire l'Album "J'irai à Kingston".
Qu’est ce qui t’a séduit dans le raggamuffin ?
DouDou-Dy : A mon humble avis, le raggamuffin n'a rien de plus par rapport à d'autres genres musicaux que j'admire parfois, ainsi que je respecte ceux qui les font. Je considère que ma musique est un moyen d'expression par l'entremise de quoi je me sens parfaitement à l'aise pour véhiculer un message d'espoir, de paix et d'amour pour le peuple. En réalité, je ne trouve pas les mots pour vous dire ce qui m'a séduit dedans et pour moi un monde sans le ragga est simplement inimaginable.
J’irai à Kingston est sorti tout récemment, c’est ton premier album solo, de quoi parle t’il ? Et quels sont les thèmes abordés dans cet album ?
DouDou-Dy : J'irai à Kingston, la chanson éponyme est une philosophie à plusieurs connotations. Je m'interroge sur comment un jeune congolais que je suis devrais-je éprouver un vif intérêt pour le raggamuffin qui est une musique mais aussi une culture purement jamaïcaine. De ce fait, j'ai une bonne raison de fouler le sol kingstonien en vue d'y être baptisé au nom du premier ragga man que j'ignore même. Dans cet opus, je traite également de la déception amoureuse dans "Baby girl" et je célèbre la femme à travers "Dans le taxi" dans un style presque interdit mais c'est ce que les gens veulent entendre.
Quels sont tes projets et tes ambitions pour cette année ?
DouDou-Dy : Nous avons une série d'activités qui pointent déjà à l'horizon notamment le spectacle à l'occasion de la présentation officielle de l'Album, le 30 Mai 2007 au Centre Culturel Français de Brazza. Le tournage progressif des Clips « J'irai à Kingston », « dans le taxi » et « Baby girl » en vue de réaliser un support DVD et des décentes à la clé vers Pointe-Noire (Congo), Dolisie(Congo) et puis Kinshasa en RDC.
Mon désir ardent est de voir l'Album « J'irai à kingston » me propulser loin au-delà des frontières de mon pays pour participer à différents festivals. J’ai besoin de plus de visibilité sur le plan national et de jouer au Fespam (Festival Panafricain de musique). Un Single de Doudou-Dy en Décembre prochain est envisageable.
