Cheb Hasni revit sur la pellicule de djamel kelfaoui
Le chanteur de raï assassiné à oran en 1994 revit sur la pellicule de djamel kelfaoui. une deuxième partie consacrée aux années 2000 algériennes est en préparation. but ultime : une diffusion dans les grandes salles. soirée bondy blog.
Le chanteur de raï assassiné à oran en 1994 revit sur la pellicule de djamel kelfaoui. une deuxième partie consacrée aux années 2000 algériennes est en préparation. but ultime : une diffusion dans les grandes salles. soirée bondy blog.c'est avec un thé à la menthe que le bondy blog a organisé une projection privée du film cheb hasni, je vis encore ! . une fenêtre ouverte sur la vie du chanteur assassiné à oran en 1994. mais ce n'est pas seulement un film à l'effigie de l'artiste. il s'agit aussi d'un documentaire hanté par le terrorisme qui sévit en algérie dans les années 90. djamel kelfaoui, fondateur du festival y'a de la banlieue dans l'air , a mis sa casquette de réalisateur pour accoucher de ce 52 minutes sur cheb hasni, de son vrai nom hasni chakroun. né à oran le 1er février 1968, tué à l'âge de 26 ans.
avec ses parents, il habitait le quartier gambetta de la ville. en 1986, le petit chanteur se lance dans le monde de la musique, en enregistrant son tout premier duo avec la chanteuse de raï chaba zahouania. le film nous raconte ce parcours. le spectateur est baladé d'oran à montreuil, bercé au son des mélopées sucrées du cheb, séduit et choqué par la beauté d'un pays, l'algérie, plongé à l'époque dans l'horreur de la guerre civile. pour le réalisateur, la décennie noire 90 a pour point de départ les émeutes de la jeunesse de 1988, réprimée dans le sang par l'armée.
le film nous montre un jeune homme qui fait plus que son âge, tiré à quatre épingles, la coupe de cheveux toujours impec, le sourire généreux. on y découvre un chanteur qui veut se démarquer du leader du genre, un autre cheb plus connu : khaled, surnommé le roi du raï . il y parviendra en créant son propre style, le raï-love. un genre moins cru et plus conventionnel que celui de son aîné, des chansons à l'eau de rose, qui parlent du chagrin de tout jeune à la découverte de l'amour.
surnommé le rossignol du raï, ce gendre idéal chantent des textes que lui font parvenir ses proches et ses groupies, qui, pour certaines, folles de lui, vont jusqu'à frapper à sa porte. plus de 400 titres ! il ne chantera pas que l'amour, il évoquera aussi la vie désuète et sans espoir d'une jeunesse algérienne qui se sent abandonnée et ne cherche qu'à fuir son pays. khaled exilé en france, cheb hasni devient le chanteur le plus populaire d'algérie. il réussira comme johnny à remplir un stade. celui du 5 juillet, à alger, quelques mois avant sa mort. le concert, autorisé par le pouvoir, durera toute la nuit, avec interdiction pour les spectateurs de sortir du stade avant la levée du couvre-feu, au petit matin. tout cela, le film de djamel kelfaoui (photo : au centre) le montre.
hasni, séducteur, avec du miel qui sort de sa bouche , devient une idole. la france connaît sa bruel-mania. l'algérie a sa hasni-mania. malgré cette ascension fulgurante, sa femme le quitte avec leur unique enfant pour s'installer en france. il ne la suivra pas, préfère effectuer des allers-retours entre les deux rives de la méditerranée. il se produira même en concert à bondy/, en 1993. la menace terroriste ne lui fait pas fuir sa terre natale. il croit dur comme fer que son avenir est dans son pays. mais sa conviction se heurte à sa destinée, le mektoub qu'il invoque si souvent : le 29 septembre 1994, il est abattu devant chez lui. par qui ? le film ne répond pas à cette question, plusieurs hypothèses (les terroristes fondamentalistes, les services de sécurité intérieure, un mari jaloux) étant possibles. la disparition de cheb hasni sonne la fin d'une illusion.
cheb hasni, je vis encore ! de djamel kelfaoui aurait pu ne jamais voir le jour, apprend-on de la bouche du réalisateur, lors du débat qui suit la projection du film. il y a eu des hauts et des bas. des producteurs qui se désistent à la dernière minute, des promesses de fonds qui s'évanouissent dans la nature. le projet est resté en sommeil pendant trois ans. en dépit de cela, l'auteur y croit. il a monté sa boîte de production, en algérie. il joue des coudes, va au culot, séduit. un nouveau producteur adhère à sa démarche et même le ministère algérien de la culture lâche 400 bâtons (40 000 euros).
djamel kelfaoui travaille toujours sur son film. aux années hasni s'ajoutera l'algérie des années 2000 à 2008. au final, c'est une grande fresque que l'auteur entend diffuser sur grand écran. pourquoi pas, un de ces jours, une montée des marche à cannes ?
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