Mazagan se produit en France pour la bonne cause
Après le Sénégal, le groupe Mazagan s’exporte en France où il animera le 14 mars prochain à Dieppe une soirée 100% fusion.
En 1998, des musiciens originaires presque tous de la belle ville d’El Jadida, décidèrent spontanément de créer le groupe MAZAGAN. Ces mordus de la musique se réunissaient souvent pour initier à l’improviste des morceaux mêlant mélodies anciennes, chants rureaux et sons musicaux urbains. Ils formaient déjà un groupe homogène qui, animé par une ambition de réussir, ne tarda pas à se dévoiler au grand public. Depuis cette date dont nombre d’eux se souviennent avec à la fois bonheur et nostalgie, les musiciens de MAZAGAN ont beaucoup gagné en maturité. Au fait, ils n’espéraient pas tout de même arriver là où ils sont à présent.
Le secret de cette réussite vient du fait que la musique de MAZAGAN est en premier lieu une musique festive : le groupe a fait déjà le tour des grands festivals nationaux. En deuxième lieu, le Chaâbi-Groove qu’il véhicule est un concept technique consistant à mettre en avant la musique populaire marocaine originaire du Doukkala et du Chaouia en la mixant avec d'autres genres (Reegae, Rock, Funk, Jazz, Raî...). On y trouve presque tout. Le groupe cible en fait un large public.
En 2005, Mazagan a franchi les étapes en se présentant sur la scène en tant que formation majeure digne d'un registre propre qui enflamme les publics des grands festivals marocains et africains. MAZAGAN s’est donné la réputation d’un "groupe carrefour" à l’image d’une jeunesse marocaine adepte d’ouverture, d’évasion et de modernité tout en préservant un patrimoine musical riche et bien épicé.
Au début de l’année 2006, le groupe sortit en autoproduction son album intitulé "La tradition qui cool". C'était une manière de se présenter au public marocain et de consolider 8 ans de parcours. Ayant produit lui-même cet album, le groupe commença à être sollicité par des radios, télés, presse et festivals. Cet événement fut décisif dans son évolution car c’était à partir de ce moment qu’il commença à être encouragé à continuer avec élan la marche sournoise vers la gloire. À présent le groupe est en train de réaliser son nouvel album "y’en a marre" qu’il va produire lui même et qui sera en vente le 15 février prochain au Maroc et en mars qui suit, en France.
Il projette d’opérer une tournée dans ce pays où il donnera nombre de concerts 100% fusion à partir du 14 mars 2008. Ces concerts qui interviennent après la tournée du groupe au Sénégal, aura une finalité pratique de bienfaisance, car les recettes de cette opération serviront à financer un centre d’hébergement pour les enfants des rues de la ville de Fès, centre que l’association F.E.S (Fès Enfance et Solidarité) envisage de construire.
Ce n’est pas la première fois que Mazagan accomplit une action sociale, car il a déjà à son actif nombre de ces opérations caritatives. En effet le groupe avait déjà mené le 10 juin 2006 à Casablanca lors d’une soirée de récolte de fonds une action pareille en soutenant « l’Opération Smile ».
Rapprocher le public français du son Chaâbi-Groove qui mêle le Folklore marocain aux musiques contemporaine, c’est aussi une finalité de ce concert pendant lequel on ne manquera pas de constater que le style musical du groupe comporte mélodie et énergie rythmique, darija, français et anglais. Le thème du brassage culturel sera omniprésent dans des textes appelant à la tolérance, à la préservation du patrimoine musical du pays et à l’épanouissement d’une société marocaine loin de tous conflits éthiques, sexuel ou religieux.
Ce qui anime à juste titre les membres de ce groupe, c’est leur souci de préserver le patrimoine national et de le faire revivre à travers le temps ; et ce, en revisitant le répertoire chaâbi et marsaoui et en le présentant au public dans un nouveau look. C’est là sa particularité incontournable. Mais le groupe s’estime, de l’avis de l’un de ses musiciens modestement rétribué pour cet effort de faire revivre la tradition musicale marocaine à un moment où il y a une ruée vers la musique occidentale et khaligie. De l’avis de ce membre :"Les musiciens et particulièrement ceux de cette école, souffrent d'une grande marginalisation sociale".
Par Sami Shérif



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