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interview avec Jamila Salem

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Auteur, chanteur et compositeur, Jamila Salem rend hommage Ă son pĂšre Djimmy en réécrivant ses chansons et en les interprĂ©tant. En tĂȘte Ă tĂȘte avec Jamila.

Qui est Jamila Salem ?

Porteuse des légendes. Le récit le plus populaire veut que je sois la fille de Jilali Ben Fatah Bouziane, un vétéran dans l´armée française, un ancien combattant du FLN et un authentique musicien du Palais Royal. Et c´est à l´institut Royal de Musique de Touarga à Rabat que ma propre légende est née, de ce fait j´ai hérité d´un patrimoine riche d´histoires légendaires, de poésies et de musique, des traditions de différents artisans de l´art et de la guerre, un savoir faire qui se transmet au fil des années d´une génération à l´autre.

Tes premiers pas d´artiste à l´âge de 3 ans, et après une absence de plus de 10 ans tu reviens…Parle nous un peu de ton parcours ?

Piqué au berceau
Dès l´âge de 3 ans, j´ai joué dans l´orchestre de mon père. A 5 ans, je faisais mes premiers pas d´artiste dans l´émission «Mawahib» à la RTM à Rabat. Quelques apparitions à la télé au milieu des années 70 et 80. Et c´est à la capitale économique que mon parcours prend une autre ampleur. Pendant plusieurs années, et en parallèle avec mes études, je me produisais avec mon père dans des soirées de galas, des soirées privées, des hôtels, des restaurants, des mariages... Début des années 90, je décidais d´arrêter la musique pour me consacrer à mes études de communication et à ma carrière professionnelle. Les mouvements culturels et musicaux que connaît le Maroc ces dernières années ravivent en moi ma passion artistique. J´ai décidé donc de reprendre ma guitare et j´ai remotivé mon père, en réécrivant ses chansons et en les interprétant, je veux faire découvrir ou redécouvrir au public qui ne nous connaît pas, le fruit du travail de deux générations. «Fille et Père».

Que représente pour toi Monsieur Djimmy, ton papa ?

Djimmy, un vrai phénomène
Djimmy est mon maître spirituel, il m´a appris comme il a appris à toute une génération de jeunes musiciens marocains et étrangers à jouer de la musique. C´est un artisan de la musique, très doué. IL joue pratiquement de tous les instruments. C´est un excellent professeur. Il m´a appris les secrets de cette alchimie ; comment chanter, danser, composer, écrire et improviser. Il m´a initié à la guitare, et m´as appris à maîtriser le rythme et les percussions. Bref, j´ai eu beaucoup de chances de l´avoir comme professeur.

Mélodies aux saveurs de jazz, de blues, latino, salsa … concoctées aux rythmes traditionnels Marocains «Gharnati-Andalous, du Maghrébin Traditionnel…». Quel est donc ton style prédominant ?

Musique méditerranéenne
Rythmes du Mahgreb, de l´Afrique noire, tendance espagnole, provençale, mélodie de tout temps….L´alchimie raisonne avec une force envoûtante, comme un rituel vieux de tant de siècles, mais si nouveau de redécouverte, de mélanges, d´absence de barrières. Une musique qui va bien au-delà du formatage musical industriel et des rythmes traditionnels qui ont façonné nos oreilles depuis notre enfance. Des textes poétiques derrière lesquels se cache une grande subtilité et une grande sensibilité. Des voies qui expriment l´émotion juste de la chanson, des textes dont les refrains sont aussi chantés en différentes langues, en arabe dialectale, en darija bien soignée, en oranais, en français, en berbère «rifain» en espagnol, en anglais, en sénégalais, je m´adresse aux peuples multiculturels, c´est à dire à tous les peuples.

Tes projets aujourd´hui ?

Je ne peux pas aller plus vite que la musique
J´ai des projets avec Djimmy et j´ai mes propres projets. J´ai assez de matière sans aucune prétention pour sortir plusieurs albums. Mais je ne peux pas aller plus vite que la musique. J´enregistre la seconde chanson de mon 1er album, intitulé «réconciliations» « Ntassamhou » de 5 titres, 5 fleurs de différentes couleurs. Un clip vidéo dont je suis en train de travailler le synopsis, et j´attends que les acteurs du milieu artistique ainsi que les sponsors me proposent quelque chose.

Le mot de la fin ?

C´est le mot de début
Le mot de la fin, c´est le mot de début ; ce sont les mots qui ont imprégné toutes mes lignes précédentes et toutes celles qui vont suivre. C´est le devoir de mémoire, se réconcilier avec son histoire afin de comprendre son présent de manière à aspirer un avenir meilleur pour les générations futures.

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