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Cheikha Rimitti

Cheikha Rimitti Cheikha Rimitti

Née le 8 mai 1923 à Tessala près de Sidi Bel-Abbès, dans l'Ouest algérien Cheikha Rimitti, au pseudonyme (à l’origine Remettez !) tout à fait particulier qui dénote de sa stature de femme bonne vivante qui voulait profiter au maximum de la vie, Saida de son prénom d’origine, est orpheline à un très bas âge.

 À 20 ans, elle se retrouve par hasard à Rélizane, un port de la cote occidentale algérienne. C’était une période délicate pendant laquelle la guerre avec ses peurs et ses misères, s’installa dans le pays où des troupes métropolitaines anti-allemandes y prirent position pour organiser la résistance française. Famines et épidémies étaient déjà sur place quand Saida atterrissa dans cette contrée. Elle du y passer de durs moments. Sans métier et connaissant à peine quelques mots de français, elle ne pouvait trouver un travail. Elle n’avait pas de domicile fixe et parvenait à peine à noyer sa faim.

Son salut, ce fut cette possibilité qu’elle trouva auprès d’une troupe de musique nomade. Elle y fut admise pour danser occasionnellement lors de sa tournée. C’est dans ces conditions qu’elle fera la connaissance du grand Maître de la musique Rai à l’époque Chekh Ould Ennems qui l’adopta comme sa compagne et la fit présentée aux grands artistes musiciens. Ce fut la grande rencontre qui alla lui être très bénéfique. Elle apprena à côté de ses Maîtres les secrets du chant Rai et s’engagea dans une véritable carrière artistique.

C’est en 1952 qu’elle parvint à enregistrer son premier disque chez Pathé. L’année d’après, elle fit sortir "Charrak Gatta" qui devint par la force des choses son premier succès. À l’époque rare les femmes algérienne qui osaient s’adonner à la musique en public, de ce fait elle était perçue comme une femme rebelle et ses goûts libertaire lui donnaient l’allure d’un femme provocante qui sortait de l’ordinaire.

L’interdiction de se présenter en spectacle en Algérie au début des années 70 lui inspira l’idée de partir évoluer ailleurs. En 1978, elle débarqua à Paris où elle commença à fréquenter les clubs de musique maghrébine et ne tarda pas d’être découverte par les nouveaux venus au Rai. Elle enregistra un disque de pop-raï et donna février 1994 un concert mémorable au très prestigieux Institut du Monde Arabe, à Paris. Ce fut la consécration/reconnaissance à laquelle elle ne s’attendait guère, car chez elle, dans son pays, personne n’a jamais pensé à œuvrer dans le sens de sa réhabilitation, ni à lui consacrer la moindre rétribution morale pour avoir initié la première la chanson libre des femmes algériennes.
 
Par sami sherif 

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