U-CEF
U-cef a toujours su à un moment qu'il voudrait revenir à ce qu'il appelait dans la musique le «halal» : les sons marocains. Chez ce jeune artiste, compositeur, producteur et DJ, ces sons sont agences si naturellement qu'il a désigné son premier album "Halalium".
Dans son œuvre, U-cef « essaie de traduire musicalement des choses ensemble, de sorte qu'elles ne se sentent pas étrangères les unes aux autres : la musique traditionnelle urbaine bat avec celle de Londres ou de New York : une sorte de hip-hop. Peut-être quelque part se trouvera-t-il quelqu’un pour considérer son style dérangeant comme "C'est détritus", mais la conviction de cet artiste est que personne n’ose à présent faire ce genre de "mélange des genres" !
U-CEF se souvient quand il a joué "live bands", les jeunes étaient tout à fait enchantés et il a battu le record des éloges de la part de ses paires ! Après une brève tentative de faire «un bon travail», U-cef déménage à New York pour essayer de faire vraiment comme un musicien, et de se rendre par la suite à Londres. Au fait, ça fait tout de même déjà 10 ans qu’il est sur la musique ! Mais pour lui qui se considère modeste de prétentions, «il faut beaucoup de courage pour tenter de créer un nouveau style. Il est facile de parler d'idées, mais pour les amener jusqu'à la réussite, ça reste du domaine du miracle ».
Il a voulu, dit-il « mettre le Maroc sur la carte du monde comme Talvin Singh a mis l'Inde sur la carte à Londres. Mais la culture des fusions n'est pas toujours facile. Et il est très difficile en ces circonstances de poser des questions sur l'islam, sur les kamikazes, sans paraître proaméricain, pro impérialiste, ou encore carrément fondamentaliste, choses qu’il répugne naturellement.
En fin de compte, c‘est avec les commentaires élogieux de la part de Télégraph DJ magazine, que U-cef devienne connu comme musicien à part entière. Nombreux qui viennent de le découvrir, pensent que c'est vraiment de la musique. D’après lui, "La drôle de chose avec la musique, c'est que peu importe où vous soyez, à partir d'un lieu cosmopolite, ou d'être bien avancé dans votre esprit, il n'est pas aussi important. C'est seulement la musique qui importe."
U-CEF est né à Rabat au Maroc. Le quartier où il a passé la plus grande partie de sa jeunesse s’appelle "Diour Jemâa" qui signifie "maisons de la mosquée". Les principaux lieux de hang out sont le café Mauritanie et le Cinéma Chaab "Cinéma du Peuple" en français, où il avait l'habitude de voir Bruce Lee et des films hindou. À un moment, ses parents divorcent et se voit contraint d’aller vivre avec sa grand mère à l'Océan, un quartier en bord de mer. À l'école coranique où il a été placé il lui arrivait souvent de s’endormir et d’être éveillé à coups de bâton … ! Quand les élèves de son âge récitaient en groupe certains versets, il les écoutait attentivement croyant entendre un chant musical. "Le rythme y était", pense-t-il à présent ! Imbibé de sons et de vacarmes de tout bord dans un quartier bruyant où les échos des musiques populaires marocaines des cafés limitrophes, viennent se mêler à ceux des mélodies des discothèques, il commença à dix ou douze ans à prendre le funk et la Soul old stuff…Jimi Hendrix, les Beatles, Led Zeppelin, et tous les autres…
Mais, "c’est la musique marocaine qui fut mon oxygène", dit-il. "Je me souviens de l'époque de Nass El Ghiwane et Jil Jilala. Avant eux, il y avait Hossain Slaoui et puis Nass El Ghiwane qui étaient tous rebelles. Ils osaient dire ce que d'autres personnes ne pouvaient pas prononcer sur les problèmes sociaux et la pauvreté"… "Mais ils en parlaient d'une nouvelle manière. Ils étaient dans la tradition des anciens", veut-il préciser.
Quant à lui, il promet de parler vrais à ceux qui veulent bien l’écouter,! "C’est ma singularité", aime-t-il dire !
Sami shérif



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