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Biographie de Khelifi Ahmed
L’enfant prodige de Sidi Khaled
C’est par un appel mélancolique, et des « Aye ! Aye ! » savamment ponctué que l’on reconnait la voix de Ahmed Khelifi. Une voix qui retentit du désert des tribus bédouines, avec les mots des poètes comme Benkerriou, Ben Guittoun, mais aussi Belkheir, ou Smati. Ahmed Alabbas révèle en lui ce don artistique grâce à son oncle maternel El Hadj Benkhelifa, qui est aussi son tuteur, il est l’un des plus célèbres chanteurs, et il est un exemple pour son neveu, tant dans le chant que la poésie populaire. Afin de remercier, son oncle pour lui avoir fait découvrir ce don, il décide de tirer son pseudonyme de la tribu dont il est originaire, les « Ouled Benkhelifa » et il change « Alabbas » par « Khelifi » pour son nom d’artiste.
Une éducation coranique
Ahmed naît en 1921 dans la ville de Sidi Khaled, près d’Ouled Djellal qui se trouve dans la région de Biskra en Algérie. Il ne rentre pas à l’école classique comme les autres enfants de son âge, mais étudie le Coran toute la journée. De parents riches, agriculteurs lui apprennent le métier et il est spécialiste dans les soins des palmiers et leur culture. Comme ses parents, il est très manuel mais son tuteur Hadj Ben Khelifa, lui propose de s’inscrire auprès d’une chorale de la confrérie de Rahmania, ce qui fait de suite.
Une carrière qui débute, mais avec difficulté
Puis très vite, il commence son premier enregistrement, sa famille est fière de lui, mais son absence à l’un des cours coraniques lui vaut un châtiment « falaqa » des coups de bâton que son père lui inflige. Le jeune chanteur ne se décourage pas pour autant et décide de continuer dans sa carrière. Il est d’abord mufti dans une mosquée de Hama, mais il s’entête pour ne pas quitter ce qui désire le plus au monde : la musique.
La sécheresse et la pauvreté mais pas seulement…
Ahmed ne veut pas arrêter au nom de la religion le chant et il participe à de nombreux concerts avec son oncle en 1939. Mais un événement majeur et climatique détruit tous ses efforts en quelques semaines, car il doit trouver une solution pour ne pas que sa famille plonge dans la misère car l’agriculture familiale est décimée. Les ressources ne sont plus suffisantes pour vivre, et en 1941, Ahmed se rend chez sa sœur à Ksar Chellala.
Puis, il doit trouver un travail, il rencontre un menuisier avec qui, il lie une relation très fusionnelle, héberge chez eux et il rencontre son fils, un musicien de mandoline avec qui il participe pendant ses temps libres. C’est en 1947, qu’El Boudali Safir, le directeur artistique de Radio Alger, fait appel à Ahmed pour lui confier l’orchestre bédouin qu’il a lui-même créé.
Le début d’un succès sans fin
Il commence sa première émission avec Abdelhamid Ababsa au piano et en 1949 il se lance dans la musique typique du Sud avec son fameux « Aye ! Aye ! ». Puis il participe à l’émission radiophonique « Khalti Tamani », de Hachelaf. Khelifi est nommé la vedette de la fête nationale à Alger. Khelifi Ahmed insiste pour que sa musique soit une consonance bédouine et malgré les nombreux imitateurs, il n’est pas égaler.
Le défenseur des valeurs anciennes
En souvenir pour ses parents, il se définit comme le « palmier du cœur d’Alger », et Khelifi garde son apparat du passé avec son burnous et ses chaussures typiques de sa région. Cet enfant de la Casbah n’a de cesse de chanter la musique sahraouie dans toutes ses intonations. C’est une voix souvent comparée à celles des Gospel ou de Pavarroti.
En 1960, en Guinée où Khelifi Ahmed chante devant un public en liesse et devant les présidents Sékou Touré, Kérékou mais aussi Norodom Sihanouk, qui n’hésitent pas à lui demander de rallonger la soirée. Aujourd’hui, Khelifi est toujours un artiste, mais il vit dans la pauvreté à cause d’une retraite insignifiante, une situation qu’il’assume car toute sa vie, il a choisi le cœur à la déraison.
ولد احمد الخليفي سنة 1921 بمدينة سيدي خالد على مقربة من أولاد دلال نواحي مدينة بيسكرة الجزائرية, ينحدر من عائلة غنية كانت تشتغل في المجال الفلاحي غير أنه لم يلتحق بأي مؤسسة تعليمية خلال فترة الطفولة لكنه التحق بالمدرسة القرآنية لكنه سيلتحق بفرقة الكورال التابعة لإخوة الرحمانية.
بدايات أحمد الخليفي لم تكن بالسلة في مجال الغناء فارتباطه بالموسيقى ساهم في ابتعاده عن المدرسة القرآنية ما تسبب له في مجموعة من المشاكل خاصة مع والده, غير أن هذا الوضع لم ينل من عزيمته وواصل المشوار رغم أنه اشتغل لوقت قصير كمفتي بأحد المساجد. لكن رغم ضغوطات الوالد من أجل الإبتعاد عن الغناء غير انه شارك في بعض السهرات رفقة عمه خلال سنة 1939.
غير أن طارئا مناخيا سيقلب الأوضاع بعد جفاف حل بمسقط رأسه ما ساهم في تضرر نشاطات والده الفلاحية ليصبح احمد الخليفي مجبرا على التنقل إلى مدينة قصر شلالة من أجل الإقامة عند أخته سنة 1941 و ايجاد عمل من أجل إعالة أسرته لكنه لم يفرط في ميولاته الفنية إلى أن تم استدعاؤه من طرف المدير الفني لراديو الجزائر البودالي سفير من أجل الإلتحاق بالفرقة البدوية الموسيقية.
في سنة 1949 سيبدأ أحمد الخليفي أولى برامجه رفقة عازف البيانو عبدالحميد عبابسة والبداية كانت برائعة " أي أي " التي حققت نجاحا كبيرا ثم سيشارك في برنامج " خالتي تماني " ليصبح بذلك الخليفي اسما متداولا لدى الجمهور الجزائري خاصة خلال المناسبات الكبرى.