La dabkeh, danse et musique du Levant

La dabkeh, danse et musique du Levant

Dans les mariages de Syrie, du Liban, de Jordanie et de Palestine, un moment revient invariablement : les invités se prennent par la main, forment une ligne, et frappent le sol du pied à l'unisson. C'est la dabkeh.

Une danse avant d'être un genre

Le mot vient d'une racine évoquant le fait de frapper du pied. La dabkeh est d'abord une danse collective en ligne, menée par un meneur placé à l'extrémité, qui improvise des variations que le reste du groupe suit. La musique qui l'accompagne a fini par constituer un répertoire à part entière.

Les instruments du souffle et de la peau

Le mijwiz, clarinette double à anche, produit un son continu grâce à la respiration circulaire, ce qui lui permet de tenir la mélodie sans interruption. Il dialogue avec la derbouka et le tabl, tambour grave qui marque la pulsation. Cette combinaison donne à la dabkeh son énergie caractéristique.

Une origine sans doute très concrète

Une explication souvent avancée relie la danse à la construction des toits en terre battue : les habitants, réunis, tassaient le sol en frappant du pied en rythme. Le geste utilitaire serait devenu geste festif. Qu'elle soit exacte ou non, cette explication dit bien la dimension collective et communautaire de la pratique.

Toujours vivante

La dabkeh n'a rien perdu de sa vitalité. On la retrouve dans les fêtes familiales comme dans des productions modernes, où les mijwiz sont parfois remplacés par des claviers imitant leur timbre. Elle demeure l'un des marqueurs culturels les plus forts du Levant, y compris au sein des diasporas.