Khaliji : les musiques de la péninsule Arabique
Sous le terme khaliji — littéralement « du Golfe » — on regroupe les musiques d'Arabie saoudite, du Koweït, de Bahreïn, du Qatar, des Émirats arabes unis et d'Oman. Une famille cohérente, mais bien plus diverse qu'il n'y paraît.
Une signature rythmique
Ce qui frappe d'abord, c'est le rythme. Les cycles khaliji, syncopés et fortement accentués, se distinguent nettement des rythmes égyptiens ou levantins. Les percussions y jouent un rôle structurant : le mirwas, petit tambour à deux peaux, et le tabl installent une pulsation qui appelle presque irrésistiblement le mouvement.
Héritages maritimes
Avant le pétrole, la région vivait de la mer : commerce, pêche, plongée pour les perles. Ces activités ont laissé un répertoire de chants de travail, dont le fijiri à Bahreïn est l'exemple le plus documenté. Ils témoignent aussi des contacts anciens avec l'Afrique de l'Est, la Perse et l'Inde, dont on perçoit encore l'empreinte dans certaines percussions et certaines échelles.
Le sawt, forme savante
Le Koweït et Bahreïn ont particulièrement développé le sawt, forme raffinée associant oud, percussions et poésie chantée, souvent accompagnée d'une danse discrète. Elle demande une grande maîtrise du texte autant que de la mélodie.
Une industrie contemporaine
Aujourd'hui, la pop khaliji constitue un pan majeur de l'industrie musicale arabe, portée par les studios et les scènes de Dubaï, d'Abu Dhabi et de Riyad. Elle conserve les ornements vocaux et les rythmes traditionnels, mais les habille de productions modernes largement diffusées dans tout le monde arabe.