L'orchestration traditionnelle de la musique arabe repose sur un nombre restreint d'instruments, chacun jouant un rôle précis dans l'expression des maqamat et dans l'accompagnement rythmique.
Le oud
Le oud est un luth à manche court sans frettes, considéré comme l'instrument central de la musique arabe classique. Sa forme en poire et l'absence de frettes lui permettent de jouer les intervalles microtonaux propres aux maqamat. Il sert aussi bien d'instrument soliste que d'accompagnement.
Le qanun
Le qanun est une cithare sur table à cordes pincées, jouée à plat, munie de petits leviers métalliques (mandal) permettant de modifier la hauteur des notes en cours de jeu pour naviguer entre les maqamat.
Le nay
Le nay est une flûte oblique en roseau, sans bec, dont le timbre est obtenu en soufflant sur le bord de l'embouchure. Il est associé à un jeu subtil sur les nuances et le souffle, et occupe une place importante aussi bien dans la musique savante que dans les répertoires spirituels.
La darbouka et les percussions
La darbouka (ou derbouka), un tambour en gobelet, structure la rythmique de la plupart des genres populaires, du chaâbi au raï. On retrouve également le riq (tambourin à cymbalettes) dans les ensembles classiques, ainsi que des percussions spécifiques à certaines traditions régionales, comme les grands tambours et castagnettes métalliques (qraqebs) du répertoire gnaoua.
Le violon et l'accordéon
Introduits plus tardivement, le violon (souvent joué en position verticale, posé sur le genou, dans les traditions égyptiennes) et l'accordéon ont été intégrés aux orchestres du XXe siècle et restent des instruments courants dans la musique populaire actuelle, notamment dans le raï.
Pour comprendre comment ces instruments s'articulent dans les différents styles, consultez notre guide des genres de musique arabe ou revenez sur les grandes étapes de l'histoire de la musique arabe.